Fr. Lagrange op

Fr. Manuel Rivero o. p. Vice-postulateur pour la cause de béatification du père Lagrange

L’Évangile nous raconte l’ambition de la mère des fils de Zébédée, les apôtres Jacques et Jean, pour qui elle demandait à Jésus les meilleures places dans le Royaume des cieux imaginé d’une façon bien matérielle. La mère du père Lagrange n’a jamais orienté son fils vers la réussite mondaine ni même ecclésiastique. Attirée par la vie religieuse dans sa jeunesse, servante des pauvres, Élisabeth Falsan, devenue Mme Lagrange, se consacra à l’éducation chrétienne de son fils.  Au cours de son enfance et de sa jeunesse, Albert Lagrange a été façonné par les dialogues avec sa mère qui lui avoua avoir reçu très tôt comme une vision de sa vocation sacerdotale. Dans ses lettres, elle lui conseillait l’humilité et l’obéissance et elle n’hésitait pas à lui reprocher son caractère mou et indécis.

Lire la suite...

Les deux disciples d’Emmaüs (Luc 24, 18-35) commenté à la lumière de la vie et de l’œuvre du Père Lagrange  Fr. Manuel Rivero o. p.

« Et voici que, ce même jour (le premier de la semaine), deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades, et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Il leur dit : "Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ?" Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre. Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, lui dit : "Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci" - "Quoi donc ?" leur dit-il. Ils lui dirent : "Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié. Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant. Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu !"
Alors il leur dit : "Ô cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire?"

Lire la suite...

LA REVUE DU ROSAIRE N° 222 - AVRIL 2010 Rubrique Pour la béatification du P. Lagrange

Fr. Jean-Luc Vesco, o. p.

Dans les  Souvenirs personnels du père Lagrange, parus sous le titre  Le Père Lagrange au service de la Bible  (éditions du Cerf, Paris, 1967), le fondateur de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, évoque, à plusieurs reprises, le temps de sa scolarité au petit séminaire d’Autun, dont il garda toujours une certaine nostalgie. Nous avons essayé de retrouver dans cette ville le cadre qu’il a connu en y effectuant un pèlerinage sur ses pas.

Lire la suite...

L’ANNÉE SACERDOTALE ET LE PÈRE LAGRANGE fondateur de l’École biblique de Jérusalem

Fr. Manuel Rivero o.p. Vice-postulateur de la cause de béatification du père Lagrange

« Être missionnaire, c’est laisser déborder son cœur […], il faut avoir un cœur liquide », disait le curé d’Ars, un cœur qui coule, qui déborde, qui entraîne1.
Un an avant de devenir novice dominicain au couvent royal de Saint-Maximin (Var), Albert Lagrange, séminariste à Issy-les-Moulineaux en 1879, écrit dans son Journal, des réflexions sur le premier mot de la vie dominicaine prononcé par le postulant au jour de sa prise d’habit, les bras en croix, en réponse à la question du prieur provincial « Que demandez-vous ? »: «  La miséricorde de Dieu et la vôtre. »

Lire la suite...

LA REVUE DU ROSAIRE 220 - FÉVRIER 2010 L’ANNÉE SACERDOTALE ET LE PÈRE LAGRANGE1 fondateur de l’École biblique de Jérusalem

Fr. Manuel Rivero o.p. Vice-postulateur de la cause de béatification du père Lagrange

La contemplation est regard de foi, fixé sur Jésus.2Écoutons le curé d’Ars raconter cette touchante histoire : Entré un matin dans l’église pour faire sa prière avant d’aller dans les champs, un homme du village laissa sa pioche à la porte et s’oublia là, devant Dieu. Un voisin, qui travaillait vers le même endroit et qui avait l’habitude de l’apercevoir, fut étonné de son absence. S’en retournant, il s’imagina de pénétrer dans l’église, pensant qu’il y serait peut-être. Il l’y trouva en effet : « Que fais-tu là si longtemps ? » lui demanda-t-il. L’autre lui répondit : « J’avisele bon Dieu, et le bon Dieumavise ». Et à ce simple récit qu’il aimait à faire et qui lui amenait chaque fois des larmes, le curé d’Ars ajoutait : « Il regardait le bon Dieu et le bon Dieu le regardait. Tout est là, mes enfants ! »3

Lire la suite...

LA REVUE DU ROSAIRE 219 - JANVIER 2010


Les noces de Cana Évangile selon saint Jean, ch. 2 (traduction de la Bible de Jérusalem)

 Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples. Or il n'y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. » Jésus lui dit : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore arrivée. » Sa mère dit aux servants : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le. »

Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : « Remplissez d'eau ces jarres. » Ils les remplirent jusqu'au bord. Il leur dit : « Puisez maintenant et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Lorsque le maître du repas eut goûté l'eau changée en vin - et il ne savait pas d'où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l'eau - le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout homme sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent ! »

Tel fut le premier des signes de Jésus, il l'accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. 

Marie est citée en premier car elle a dû arriver depuis Nazareth tandis que son fils Jésus et ses premiers apôtres venaient de rencontrer Jean le Baptiste qui baptisait à Béthanie. Nathanaël, originaire de Cana en Galilée, semble être à l’origine de cette invitation.

Le père Lagrange précise que l’appellation « la mère de Jésus » n’a rien de négatif mais qu’elle est « la plus honorable, aujourd’hui encore parmi les Arabes, pour nommer une femme qui a eu un fils »2. Il relève aussi le dessein bien pensé de saint Jean, le quatrième évangéliste, qui met en scène Marie lors du premier miracle de Jésus comme il le fera au pied de la croix quand tout sera accompli (cf. Évangile selon saint Jean 19, 25).

Lire la suite...


10 mars 1938 — 10 mars 2010 -  Homélie du fr. Augustin Laffay Dt 4, 1, 5-9 ; Mt 5, 17-19

Mon Jésus, je voudrais être enseigné de vous, docibilis Dei. Je le suis par votre Écriture, par votre Église (In Journal spirituel II, le 28 septembre 1914).
Qui s’exprime ainsi ? Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, le bienheureux Charles de Foucauld ? NON. Celui qui s’exprime ainsi, c’est un savant, un maître, notre frère et père Marie-Joseph Lagrange. Ces mots, adressés à Dieu comme une prière, sont en parfaite adéquation, vous l’avez sans doute remarqué, avec les lectures entendues aujourd’hui.

Lire la suite...

Lorsqu’on osait évoquer devant le Curé d’Ars la légitime satisfaction qu’il aurait pu avoir devant son œuvre, il s’en défendait : « Non, mon ami, ce n’est point là ma tentation. Je n’ai pas de peine à me persuader que ce n’est pas moi qui fais tout cela […] » Cette humilité fit du Curé d’Ars un soleil pour les pauvres, les petits, les abandonnés. Il leur donnait tout. Mgr André Dupleix, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France « Un grand témoin spirituel : saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars » (extrait)

 

Il est à la mode de mettre en valeur le principe de l’amour de soi-même comme préalable à l’amour du prochain. L’homme contemporain, marqué par le stress et la peur, prend soin de lui-même en veillant à équilibrer son existence par le confort et le plaisir. Jésus a parlé de l’amour de soi dans le commandement qui résume toute la Loi : « Tu aimeras le Seigneur Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même ». En réalité, l’enseignement de Jésus comporte un enracinement en Dieu et un don de soi qui diffère des soucis du bien-être. Dans le quotidien, il arrive que l’amour de soi tourne au narcissisme. Albert Lagrange, séminariste à Paris, aspirait à s’aimer en se reniant lui-même pour l’amour de Dieu comme le montre son Journal.

S’aimer et se haïr soi-même »

Journal spirituel inédit du père Lagrange

Séminaire d’Issy-les-Moulineaux, le 21 mars 1879.

« Charité envers nous-mêmes. C’est un cas particulier de la charité envers nos frères. Nous voyons en nous ce qui est voulu de Dieu, nous travaillons à le procurer en nous. Ratio diligendi seipsum, Deus est2. Nous nous cultivons, nous nous perfectionnons, parce que tel est le bon plaisir de Dieu. – Quel terrain élevé ! Quel plus noble usage de son intelligence, de son cœur, que d’introduire dans les autres et en soi-même, le bon plaisir de Dieu : nous cherchons à réaliser l’harmonie que Dieu a conçue.

Cependant l’aspect de cette charité est différent. Notre perfection morale consiste surtout dans la consécration de nous-mêmes au bien général : l’amour-propre est l’adversaire implacable ; lutte acharnée : qui odit animam suam in hoc mundo3. Pratiquer la charité envers soi-même, c’est se haïr soi-même. L’abnégation est la forme pratique de cette vertu.

Il en est autrement à l’égard du prochain : la douceur, la bénignité envers le prochain, la rigueur pour soi sont une seule et même vertu. »4

1 Le 10 de chaque mois, prions ensemble pour la béatification du père Lagrange. Demandez la prière mentionnée sur les marque-pages que vous pouvez recevoir gratuitement en vous adressant à l’Association des amis du Père Lagrange - Dominicains - 9 rue Saint-François-de-Paule - 06300 Nice - France.

2 Traduction « Dieu est la raison de l’amour de soi-même ».

3 Traduction de l’Évangile : « Celui qui hait sa vie en ce monde ». Cf Évangile selon saint Matthieu 16, 25 : « Qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera ».

4 lagrange (Marie-Joseph), Journal spirituel (inédit), Premier cahier ; transcrit par fr. Renaud Escande, révisé par Bernard Montagnes.