Fr. Lagrange op
Fr. Manuel Rivero o. p. Vice-postulateur pour la cause de béatification du père Lagrange
L’Évangile nous raconte l’ambition de la mère des fils de Zébédée, les apôtres Jacques et Jean, pour qui elle demandait à Jésus les meilleures places dans le Royaume des cieux imaginé d’une façon bien matérielle. La mère du père Lagrange n’a jamais orienté son fils vers la réussite mondaine ni même ecclésiastique. Attirée par la vie religieuse dans sa jeunesse, servante des pauvres, Élisabeth Falsan, devenue Mme Lagrange, se consacra à l’éducation chrétienne de son fils. Au cours de son enfance et de sa jeunesse, Albert Lagrange a été façonné par les dialogues avec sa mère qui lui avoua avoir reçu très tôt comme une vision de sa vocation sacerdotale. Dans ses lettres, elle lui conseillait l’humilité et l’obéissance et elle n’hésitait pas à lui reprocher son caractère mou et indécis.
« Et voici que, ce même jour (le premier de la semaine), deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades, et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Il leur dit : "Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ?" Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre. Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, lui dit : "Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci" - "Quoi donc ?" leur dit-il. Ils lui dirent : "Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié. Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant. Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu !"
Alors il leur dit : "Ô cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire?"
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10 mars 1938 — 10 mars 2010 - Homélie du fr. Augustin Laffay Dt 4, 1, 5-9 ; Mt 5, 17-19