Aider le Couvent des frères dominicains en Haïti
Port-au-Prince, le 4 avril 2010 Pâques
Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Qui aurait imaginé à Port-au-Prince l’an dernier une fête de Pâques 2010 sous le signe des décombres ? Entourés de ruines, les Haïtiens chrétiens célèbrent la Passion et la Résurrection du Seigneur Jésus.
Presque 300 000 personnes sont mortes ou portées disparues depuis le 12 janvier, tandis que 600 000 habitants ont quitté la capitale pour d’autres provinces où leurs familles ont du mal à les nourrir. Le problème urgent de nourriture et de médicaments s’est ainsi étendu à tout le pays.
Les répliques sismiques –plus de soixante-quinze en moins de trois mois- ont diminué en fréquence et en force. La peur demeure cependant dans les corps à la mémoire vive. La moindre vibration rappelle les cruels tremblements du séisme qui en trente secondes plongèrent la cité dans la désolation, les cris et les larmes. D’ailleurs, le calcul des probabilités des scientifiques fait craindre le pire et pendant des années1.

L’élan de solidarité qui a accompagné les souffrances du peuple haïtien après le 12 janvier 2010 peut être lu comme « un signe des temps ». Des trésors de générosité se trouvent cachés dans le cœur de millions de personnes, parfois stagnants, en attendant l’événement qui les fera venir à la lumière. L’Esprit Saint agit en chaque homme de manière mystérieuse. Les fruits de cette présence divine se manifestent notamment dans les situations limites d’épreuve et de mort.
Un mois après le séisme qui a dévasté la république d’Haïti, il est important de regarder comment se présente la réalité. Comment les gens arrivent-ils à faire face à cette nouvelle situation qui reste encore très dure ? Qu’est ce qui a changé concrètement dans la vie des survivants ? Faut-il sombrer dans le désespoir?